L'envie haineuse : le moteur de la perversité


Portrait de l'envieux

L'envie est un sentiment qui fait partie de la condition humaine. Certaines personnes la gèrent mal et elle se transforme alors en haine, une haine secrète mais tenace. L'envie haineuse est le moteur de la perversité (narcissique - l'ajout de cet adjectif est une redite). L'envie n'est pas sexiste. Elle touche autant les hommes que les femmes. Ce texte vise à dresser le portrait de l'être envieux.

L'envie, mal gérée, est sans doute le plus grand des fléaux. L'envie haineuse se remarque à différents traits de caractère :

- L'ingratitude. L'envieux n'est jamais reconnaissant des bienfaits qu'on lui procure. Être redevable, il a cela en horreur. Pire, il se sent humilié qu'on puisse lui faire tant de bien. Plus on lui fait du bien, plus il veut du mal.

- Il s'éprouve si petit, si laid, si miséreux que la grandeur d'âme, la beauté d'un cœur généreux, la richesse d'une main tendue lui sont comme un reflet du miroir qui lui renverrait en pleine face un visage hideux.

- Il eut pu se sentir briller dans la lumière des autres mais non, il a la sensation qu'ils lui font de l'ombre.

- Il est tellement susceptible qu'un rien suffit à le gorger de rancœurs et à ce qu'il veuille se venger. Il le fera tôt ou tard.

- Son plus grand plaisir est de saborder le bonheur des autres, d'amoindrir, de salir, de punir celles et ceux dont il a envié un jour, une heure, les qualités.

- Il est fainéant et lâche. Il n'a pas fourni les efforts nécessaires pour se hisser sur les marches supérieures de la vie mais il ne l'assume pas. Il préfère disqualifier ceux qui ont réussi là où il a échoué.

- Au début, vous le fascinez. Plus tard, vous l'irriterez pour les mêmes raisons.


- Tout cela, il le masque sous un air affable, courtois, de mise, une mine avenante.

- Il méprise ceux qui n'ont pas desséché comme lui la source de la vie affective. Il cultive l'insensibilité parce que la compassion nuirait à ses desseins funestes.
- Il est inutile de rien tenter pour n'être plus en disgrâce. Tandis que vous ramez, il jubile de vos efforts.
- Il n'a pas d'honneur, pas de parole. Ses promesses ne l'engagent pas.

- Souvent, il préfère se taire, de crainte d'en dire trop. Quelquefois, quand il est en rage, sa méchanceté lui échappe et il se trahit.

Le malheur des uns fait le bonheur des autres, de l'envieux ça c'est sûr. Il n'a pas l'intelligence du cœur.

LEVERT, I., Les violences sournoises dans la famille, Paris, Robert Laffont, Coll. Réponses, 2016.

Isabelle LEVERT


© Les textes édités sur ce site sont la propriété de leur auteur.
Le code de la propriété intellectuelle n'autorise, aux termes de l'article L122-5,
que les reproductions strictement destinées à l'usage privé.
Tout autre usage impose d'obtenir l'autorisation de l'auteur.





Posts les plus consultés de ce blog

Il n’est pas difficile de vivre quand on aime...