mercredi 28 décembre 2016

Meilleurs voeux

La famille, le chien, les feuilles mortes, et même nos amours passées dans la maison aux volets verts et aux tuiles rouges, vous souhaitent une merveilleuse année 2017, pleine de santé, de bonheur, de réussite et de joie. Ne sont-ce pas toutes les années les mêmes déclarations ?
Et pourtant, au douzième coup de minuit, ce 31 décembre, on ne s’embrassera pas, on ne s’enlacera pas, on ne se souhaitera pas une bonne année, enfin pas tout de suite. On va préférer saisir son téléphone portable, son Smartphone pour envoyer une profusion de SMS qui n’arriveront de toute façon pas rapidement étant donné l’engorgement des réseaux.
Mais je préfère vous envoyer des propos tels ceux d’une carte de voeux ; comme une carte pleine d’affection, de chaleur, et d’espérance pour la future année.

Qu’elle vous soit douce à tous, et pleine de tendresse.

vendredi 23 décembre 2016

Mieux vaut en rire

Une longue attente

Un vieux monsieur barbu, monte dans l’autobus et présente au receveur ticket à tarif réduit.
–– Vous n’y avez pas droit ! Vous n’êtes plus en âge d’aller à l’école que je sache.
–– Cela prouve simplement, mon ami, que j’ai attendu l’autobus très, très longtemps.


Les avantages de la bicyclette 
Jeannot est un gamin insupportable.
–– Achetons-lui une bicyclette pour Noël, suggère sa maman.
–– A quoi bon ? se récrie le père de Jeannot. Tu t’imagines qu’une bicyclette l’empêchera de faire des bêtises ?
–– Pour l’empêcher, sûrement pas ! Mais ça les répartira sur une plus grande surface.


La mouche et l’éléphant

Un éléphant  et une mouche viennent de traverser un pont.
–– Tu as vu ça, comme on l’a fait trembler, le pont ? dit la mouche à l’éléphant.


Réflexion d’un paresseux

Un chauve a évidemment beaucoup moins de cheveux à brosser, mais il a tellement plus de figure à laver !


Il en faut pour tous les goûts.

L’homme avait fait fortune très rapidement. Il était en train d’épater un de ses camarades en lui décrivant sa nouvelle propriété dans laquelle il avait fait creuser trois piscines.
–– Pourquoi trois ? demande son ami.
–– Une avec de l’eau froide, explique le nouveau riche, une avec de l’eau chaude et la troisième sans eau.
–– L’eau froide, je comprends, à la rigueur et encore, dit l’autre. L’eau chaude, bien sûr, mais à quoi bon une piscine sans eau ?
–– Tu n’imagines pas, répond le nouveau riche, le nombre de gens qui ne savent pas nager !


Politesse

Un corpulent personnage d’aspect cossu traverse tout l’autobus et va s’asseoir sur un siège à côté d’un petit homme maigrichon à l’air nerveux. Dédaigneux de l’avis « Interdit de fumer », affiché partout, il tire de son étui un cigare et, se tournant vers son voisin, s’enquiert :
–– Ça ne vous dérange pas que je fume, je suppose ?
–– Ma foi non, surtout si ça ne vous dérange pas que je sois malade à côté de vous.


Persévérance

–– Vous avez de la chance, mon garçon, disait un industriel à un représentant de commerce. Savez-vous qu’avant de vous recevoir j’ai refusé aujourd’hui même de voir sept représentants comme vous ?
–– Eh ! je le sais très bien, répondit le jeune homme, c’est la huitième fois que je me présente.


Faites donc comme tout le monde !

Portant une grosse horloge normande qu’il allait faire réparer chez l’horloger, un brave homme se frayait péniblement un chemin dans une rue noire de monde. Comme le fardeau limitait son champs de vision, il heurta violemment une passante et la renversa. Après avoir repris son équilibre et ramassé ses paquets, la passante lui lança d’une voix pincée :
–– Mais enfin, monsieur, pouvez-vous me dire pourquoi vous ne portez pas une montre-bracelet comme tout le monde ?


De la précision, s.v.p. !

C’était décidément un homme très occupé.
–– Mademoiselle, pouvez-vous me dire où est mon crayon ?
–– Mais, monsieur… sur votre oreille !
–– Voyons, mademoiselle, un peu de précision. Vous savez bien que je suis très pressé ! Sur quelle oreille ?


(Extraits du Readers Digest, 1962)


jeudi 22 décembre 2016

Le langage des chats



       Réveillon de Noël 2016. La nuit est tombée depuis longtemps sur la ville. La majorité des citadins a peur à cause du terrorisme. Seul un couple n’a pas la crainte de ces événements. Au contraire. Il s’amuse.
       Une femme qui adore les chats est à sa fenêtre et admire les gros flocons tomber sur sa pelouse. Soudainement, pendant que sa soeur dresse la table pour le dîner du réveillon, elle entend un miaulement. Pour s’amuser, elle répond par un autre miaulement. L’animal, toujours invisible, miaule de nouveau, et la femme se met à miauler de plus belle, en y mettant cette fois un peu plus de chaleur.
       Cet échange d’appels se continue un bon bout de temps, de plus en plus passionné. La femme se rend ensuite à la cuisine pour aider sa soeur à mettre la dernière main au couvert et à la décoration de la table. Le sapin est illuminé dans le coin droit de la salle, à deux pas de la fenêtre d’où la femme avait entendu le miaulement du chat.
       Une fois à table, l’hôtesse ironise :
       –– C’est merveilleux, je parle le langage des chats !
       Mais, quelle déception quand, le jour de Noël, le voisin déclare :
       –– Il m’est arrivé quelque chose de très drôle la nuit dernière. J’ai appelé un chat en miaulant, le chat m’a répondu, et nous avons causé pendant vingt minutes. C’était sans doute l’esprit de Noël…

Liège (Belgique) décembre 2016,  

      

mercredi 14 décembre 2016

Une simple lettre

« Cette lettre, pourquoi ne la lis-tu pas ? Tu ne l’as même pas ouverte. Je suis sûr que c’est l’écriture de tante Clara ! »
Ne vous est-il pas arrivé de recevoir une de ces lettres qui, à la simple vue de l’enveloppe, vous arrachent un soupire et que vous mettez dans votre poche sans la lire ? Vous savez d’avance ce qu’elle sera : morne et plate, la première page habituellement remplie d'excuses pour le retard apporté à vous écrire. « Nous avons un temps magnifique. Nous voudrions bien vous voir ici. » C’est le type classique de la lettre vide, bébête. Rien que des généralités, nulle précision. Il y a des gens qui pourraient faire le tour du monde sans rien trouver d’autre à dire que : « C’était merveilleux ! »
Il en est pourtant qui savent écrire de la manière la plus intéressante sur des choses les plus simples.
Témoin ce passage d’une lettre d’une connaissance anglaise.
« Ici, les rues vous ont un air d’excessive respectabilité. On dirait des jeunes filles bien élevées. Les marteaux de porte ont quelque chose de sérieux, de solide, ils respirent…, comment dire ? une extraordinaire quiétude. De ma vie, je n’ai vu une aussi paisible collection de têtes de lions et de béliers. »
Beaucoup d’hommes, jadis, étaient unanimes à déclarer que ce qu’ils souhaitaient le plus trouver dans les lettres de leur famille, c’étaient les petits détails de la vie quotidienne : Comment le chat avait-il donc fait pour renverser le pot de lait sur le carreau de la cuisine ? Comment la jeune soeur avait-elle renoncé au tabac ? Pourquoi telle fille courait-elle toujours effrontément après tel garçon ? Des instantanés, voilà ce que les gens demandent dans ces missives intimes et familières –– aujourd’hui dans les courriers d’Internet !
Certes, s’asseoir à sa table et pondre tout d’une traite, à froid, une lettre pleine d’esprits est un exercice difficile. Mais vous pouvez nourrir et vivifier votre correspondance si, au cours de la journée, vous avez noté au vol les événements courants et les pensées qu’ils vous inspiraient. Au moment d’écrire, vous n’aurez plus qu’à jeter un coup d’oeil sur votre carnet de notes.

Dimanche –– Martine est venue. Chapeau rouge. Arthur lui demanda si elle l’avait fait de ses doigts. Les hommes manquent de tact. Martine a répondu qu’elle avait acheté son chapeau aux Galeries Saint-Lambert, pendant les soldes. Les femmes sont des menteuses a murmuré Arthur. Le petit Robert a déclaré qu’il était rigolo (le chapeau). Les enfants sont d’une sincérité choquante.
Lundi –– Aucune visite. J’écris une Nouvelle.
Mardi ––Arthur a invité son patron et moi-même à déjeuner. Naturellement tout était raté. Le gâteau était brûlé. Arthur a réussi à sauver la situation. De temps en temps, Arthur est un petit malin. Le patron était enchanté. Arthur s’attend à recevoir de l’avancement d’un jour à l’autre. 

Quelques notes de ce genre chaque jour, ou à peu près, et voilà de quoi donner de la vie à vos lettres, voire vos courriers, à moins que votre mauvaise destinée ne vous ait condamné comme moi à l’intolérable occupation d’écrire des histoires ! Ainsi, vous atteindrez à l’idéal lorsqu’on dit qu’une lettre doit avoir du « mordant ».
Vous pouvez aussi prendre quelques minutes tous les soirs pour coucher sur le papier –– ou sur Word, que je ne possède plus –– ce que vous avez fait ou pensé dans la journée, ne serait-ce qu’en quelques lignes. Une lettre qui développera ce que vous aurez noté pendant que vous étiez encore sous l’impression première gardera le parfum de votre émotion.
Rappelez-vous cependant que des futilités et des potins ne peuvent suffire à rendre une lettre intéressante. Pour être savoureux, un événement demande à être accommodé à une sauce personnelle. Je lisais à ce sujet, il y a peu, comment lady Mary Montagu, une des Anglaises les plus spirituelles du XVIIIème siècle, savait donner une touche personnelle à ce qu’elle racontait : « Bridget Noel, écrit-elle un jour à sa soeur, va devenir lady Willington… »
Ce n’est encore qu’une nouvelle terre à terre, mais elle ajoute : « … pour le plus grand encouragement et la consolation de toutes les coquettes de la ville. »
Cela, c’est un jugement de son propre cru.
« Et elles se hâtent de se rendre aussi scandaleuses que possible afin d’établir rapidement leur fortune. »
Voilà un trait de sa personnalité, sarcastique, cruel peut-être, mais d’une vigueur étincelante.
Exprimer votre véritable personnalité dans vos lettres, dans vos écrits n’est pas aussi difficile que vous ne le croyez. Chacun de nous possède dans le tréfonds de son subconscient plus de pensées intéressantes ou de fantaisie qu’il n’en extériorise, aussi bien dans sa conversation que dans sa correspondance. Nous avons le tort de croire qu’il nous faut écrire sur ce que l’on considère comme des sujets importants et rejeter nos lubies et nos idées fugitives. Laissez-vous aller, au contraire. Peut-être vous trouverez-vous un peu sot pour commencer. Mais continuez, et bientôt d’étranges petites portes s’ouvriront au fond de votre esprit et vous serez tout étonné de découvrir en vous quelqu’un de si remarquable. Notez les idées qui vous traversent la cervelle pendant que vous êtes en train de vous raser ou de vous faire couper les cheveux. Durant ces moments d’abandon, l’esprit s’ébat dans sa fantaisie et vous aiguillonne de mille suggestions amusantes.
Maintenant, si vous désirez plaire à ceux qui liront vos lettres, voire vos récits, il y a un certain nombre de fautes à ne pas commettre. Je les appelle les Périls de la correspondance.
Ne parlez pas du temps qu’il fait. Il est possible que je m’intéresse modérément à la température de l’endroit où je suis, mais  que m’importe la température de l’endroit où vous êtes ?
N’employez pas de machine à écrire au ruban usé et, si par malheur vous rédigez par ordinateur interposé, n’empotez pas des polices de caractères fantaisistes. 
Ne soulignez pas vos mots, sauf en cas d’absolue nécessité. Des mots soulignés dans une lettre sont comme une gesticulation trop violente dans la conversation.
Même si je vous semble rétrograde, n’employez pas de mots d’argot, ne les mettez pas entre guillemets.
Vous vous dites peut-être que vous n’avez pas le temps d’écrire des lettres. Mais, en général, cela ne vient-il pas du fait que vous vous croyez obligé d’écrire de longues missives bourrées de nouvelles et que c’est un trop grand effort ? Eh bien ! essayez donc d’en écrire de courtes.
J’ai un ami qui a coutume de jeter sur le papier un bref billet pendant qu’il attend que sa femme ait fini de s’habiller pour sortir avec lui –– aujourd’hui, il le fait sur Word ! De courtes lettres peuvent être très drôles si elles pétillent d’idées comme le sel dans la poêle –– des idées sans importance peut-être, mais pleines de vie.
J’en connais un autre qui, chaque fois qu’il trouve une bonne histoire dans les journaux –– par exemple une histoire de chien –– la découpe et l’envoie, avec quelques lignes, à un amateur de chiens de sa connaissance.Un autre adressera une coupure sur la dernière toquade, voire un dessin. Il garde un oeil ouvert sur tous les sujets qui peuvent intéresser ses amis et les envoie toujours accompagnés d’un petit mot cordial. Cela ne lui coûte que quelques minutes chaque fois et ses billets sont toujours reçus avec plaisir.
Si elles sont fréquentes, de courtes lettres peuvent suffire à maintenir une amitié vivante et rayonnante.
Ne vous prêtez-vous pas au même exercice lorsque vous envoyez un message par l’intermédiaire de Facebook ?


                                                          
                                                        Liège (Belgique) décembre 2016