A Laurence,
Quand le soleil de mai rit à travers les feuilles, Quand d’un regard charmant, joyeuse, tu m’accueilles, Je sens un feu divin dans mon cœur s’allumer ; Sans l’amour, sans la foi, notre âme serait noire. Dieu ne l’a pas voulu. La nature fait croire, La femme fait aimer. Oh ! pour le reste de la vie, Qu’on nous plaigne ou qu’on nous envie, Tant que nos cœurs se comprendront, Puisse une sereine pensée, A ton chevet toujours fixée, Poser ses ailes sur ton front ! Figurez-vous, ô dame, au beau front triomphant, Au frais sourire en une fraîche bouche, A l’oeil limpide, innocent et farouche Dont la paupière en amande se fend. Vous êtes gaie et rose, grande et svelte. Je respire à peine devant elle, Tout fier d’être homme et tout sot d’être enfant. Elle est gaie et pensive ; elle me fait songer A tout ce qui reluit malgré de sombres voiles, Au bois pleins de rayons, aux nuits pleines d’étoiles. ...